Coronavirus / Le premier des gestes barrières c’est de faire respecter nos droits !

Communiqué de SUD éducation 13
dimanche 15 mars 2020
par  GUERDA
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La situation dans laquelle nous nous trouvons est inédite et toutes et tous sommes en train de prendre conscience de sa gravité et de ses risques. Il était urgent que cette crise sanitaire soit prise et au sérieux et la décision jeudi soir de la fermeture de tous les établissements scolaires était urgente et nécessaire. Depuis, nous nous dirigeons vers un renforcement des mesures de protection contre la propagation du virus, des mesures drastiques seront prises dans les prochains jours. Les services publics ont et auront un rôle de taille à jouer dans la gestion de cette crise qui montre a quel point notre système de protection social est indispensable.

Continuité du service public mais aussi continuité des droits !

Les services hospitaliers sont évidemment en première ligne et il est du devoir de la collectivité dans son ensemble de prendre les mesures qui s’imposent pour éviter un engorgement des hôpitaux dans les prochaines semaines. Dans ces conditions, l’Education Nationale et ses personnels ont un rôle à jouer mais dans le respect le plus strict de leur santé et de celle de leurs proches. La continuité du service public est importante mais elle devra absolument se faire dans la limitation maximale des risques sanitaires.

Dans ce cadre, il semble évident que la mise en place du service de continuité pédagogique se fasse en limitant un maximum le présentiel. Celle-ci peut très largement se faire à distance. Puisqu’il est essentiel de limiter au maximum les déplacements et les contacts, les consignes ministérielles et rectorales exposent encore trop les personnels. Aussi, les réunions non indispensables telles que conseils de classe, conseils des maîtres, conseils d’administration, etc. doivent être systématiquement et dès à présent repoussées ou organisées à distance.

La santé des agents est une priorité absolue

Si l’accueil des enfants des personnels soignants et des agent-es des services d’urgences réquisitionnés est en revanche indispensable à la gestion de la crise sanitaire, nous demandons à ce que toutes les mesures soient prises afin qu’il se fasse dans des conditions garantissant la protection des enfants accueillis et des personnels qui se porteront volontaires pour assurer ce service. Aucune pression ne peut-être tolérée en la matière. L’administration doit évidemment exclure le recours aux personnels présentant des risques ainsi que les personnels vivant avec des proches à risque ou encore celles et ceux qui doivent faire de trop importants trajets que ce soit en transport en commun ou par des trajets inter-urbains. La désinfection des locaux devra par exemple être quotidienne et le matériel de protection nécessaire doit être fourni aux personnels exposés.

Le recours au droit de retrait est indispensable en cas de pressions

Ces derniers jours, nous avons néanmoins constaté de nombreuses disparités dans les consignes données par les IEN de circonscriptions et les chefs d’établissements. Certaines sont particulièrement irresponsables et dangereuses. C’est la conséquence d’un absence de cadrage suffisamment strict et dangereux de la part du ministère. Elle renforce la cacophonie ambiante qui règne entre le ministère et le gouvernement. Une harmonisation rapide ainsi qu’un diagnostique très précis des besoins est indispensable, il en revient à l’administration d’en assurer la réalisation et de calmer les ardeurs des supérieurs les plus zélés. Si certaines consignes vont à l’encontre de la limitation maximale des risques encourus, et en cas du moindre doute nous appelons les personnels à faire valoir immédiatement leur droit de retrait. Nous sommes à leur disposition pour répondre aux questions, pour les renseigner sur leurs droits, pour les protéger contre toutes forme de pressions hiérarchiques.

AED, AESH, tous les personnels doivent être protéger !

Nous veillerons également à ce qu’il n’y ait pas de hiérarchisation dans la réquisition éventuelle des personnels destinés à accueillir les élèves. Il est inadmissible que les personnels les plus précaires tels les AED ou les AESH soient les plus exposés aux dangers que les autres. Certains d’entre eux sont convoqués selon des modalités bien moins exigeantes que d’autres catégories de personnels. Les mêmes mesures doivent s’appliquer aux agentEs quel que soit le statut. Les AESH n’ont en aucun cas à se rendre dans les établissements durant la période de fermeture aux élèves. Là encore, si des inégalités de traitement étaient constatées, n’hésitez pas à nous en faire part rapidement.

  • SUD éducation 13 invite en conséquence tous les personnels à ne pas se présenter dans les établissements scolaires dès le 16 mars si leur présence n’est pas absolument nécessaire.
  • SUD éducation 13 appelle les personnels à exercer massivement leur droit de retrait par un simple courrier électronique lundi là où la hiérarchie voudrait les faire venir coûte que coûte et sans leur accord.
  • SUD éducation 13 appelle à la prudence quand au travail à distance qui se met en place en dehors de tout cadre réglementaire. Connectez vous aux outils mis en place pour la continuité pédagogique sur les heures mentionnée dans votre ventilation de service.
  • SUD éducation 13 se montrera très vigilant quant au recours à ces outils mais aussi quant à l’instrumentalisation que le ministère pourrait faire de la situation.

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