L’Ecole de la lutte ! #5- De l’extrême-droite à Blanquer, l’école bleu blanc rance

Le journal départemental de SUD éducation 13
samedi 16 avril 2022
par  GUERDA
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Voici numéro 5 de l’Ecole de la lutte.Trimestriel, départemental et tout en couleur, cette nouvelle formule, "l’Ecole de la lutte" a pour but de donner une grande place aux luttes locales de l’éducation, aux témoignages de terrain, mais se veut aussi plus axé sur des réflexions et des analyses thématiques. Edité sur papier, L’Ecole de la lutte est complété par une version numérique augmentée que voici. Ce cinquième numéro ne pouvait pas être consacré à autre chose qu’à la question de l’extrême-droite et de ses vues sur l’Ecole, mais aussi des dérives d’un ministre réactionnaire et autoritaire.


Edito - Le grand bouleversement

« Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Ce clair-obscur dont parle le théoricien et antifasciste italien, Antonio Gramsci ressemble de façon troublante à celui dans lequel nous vivons. Alors que les consciences s’éveillent et s’éguisent, que celles et ceux qui se battent pour plus d’égalité et de visibilité sont toujours plus nombreux-sEs, les partisan-nEs du vieux monde qui sont bien souvent les tenants de tous les privilèges, réagissent et convulsent.

Face à l’éclosion de ce « nouveau monde », des recompositions s’opèrent et de plus en plus souvent, des lignes rouges sont franchies. La panique morale est si grande que ce qui n’était auparavant que des fantasmes d’extrême-droite, des théories délirantes, se retrouvent propulsées sur le devant de la scène médiatique et institutionnelle. Grand remplacement, masculinisme, théorie du genre, islamo-gauchisme, wokisme ou cancel culture autant de concepts qui, à coups de fake news et de théories du complot, ont désormais pignon sur rue. Dans un grand et sidérant mouvement d’inversion des rôles, les oppressé-Es se retrouvent accusé-Es d’oppression, les privé-Es de tout, d’être des privilégié-Es. Dans un monde aussi incertain, agiter les peurs apparaît comme un bon calcul. Non seulement, l’école n’échappe pas à la bataille en cours, mais s’en retrouve au coeur. L’extrême-droite qui a toujours eu sa petite obsession pour l’école, voit aujourd’hui son projet profondément autoritaire et inégalitaire, partagé sur certaines lignes par des partis de gouvernement et par le ministre de l’éducation lui même. Pourtant, malgré la banalisation, les résistances restent vives. Nous sommes encore très largement majoritaires dans notre profession à porter les valeurs du service public d’éducation. Par nos méthodes pédagogiques, par notre travail constant au service de l’émancipation de nos élèves, par nos combats syndicaux, nous pouvons changer la donne et à bien des égards nous le faisons déjà. Certains exemples internationaux montrent bien que le mouvement social peut influer le cours des choses. Alors, même en pleine confusion, et si l’avenir semble se brouiller, tâchons de suivre la même boussole : celle de la justice sociale et du progrès.


Sommaire

  • ECHOS / Blanquer, l’islamogauchisme et le wokisme
  • FOCUS / Programmes des présidentielles - Les réactionnaires à l’assaut de l’Ecole
  • FOCUS / Elements de pédagogie antifasciste appliquée
  • ENTRETIEN / Ecriture inclusive : mauvais genre
  • INTERNATIONAL / Victoire populaire au Chili contre l’extrême-droite
  • RESSOURCES / VISA, s’armer contre l’extrême-droite !

> Télécharger le numéro de L’Ecole de la lutte ! #5



Documents joints

PDF - 12.1 Mo

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