Job-dating / Soyons les grains de sable dans la machine à précarité !

Lundi 27 juin 12h, tous-tes devant la DSDEN 13 !
samedi 25 juin 2022
par  EB
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Depuis plusieurs semaines et partout en France, des académies mettent en place des procédures scandaleuses de “jobdating”. Il s’agit d’une procédure accélérée de recrutement de personnels contractuel-les enseignant-es, mais aussi d’infirmier-ères et AESH. L’académie d’Aix-Marseille ne fait pas exception puisque le lundi 27 juin, ce sera au tour de la DSDEN 13 de se lancer dans un tel processus de recrutement. Une honte, alors que le sous-investissement dans l’Education Nationale est devenu chronique. SUD éducation 13 appelle les collègues à réagir et à se rassembler devant la DSDEN 13 le 27 juin à 12h.

C’est quoi au juste ce "jobdating" ?

Les entretiens de recrutement durent entre 20 et 30 minutes et sont menés par des inspecteurs·trices. La seule condition de recrutement, pour les postes d’enseignant·es, est d’être titulaire d’un bac +3 minimum. Le caractère expéditif du recrutement laisse entendre à la société que les compétences professionnelles et les connaissances disciplinaires nécessaires pour exercer les missions concernées sont minimales. Il jette le discrédit sur les parcours de formation initiale dont ont bénéficié les professeur·es actuellement en poste. Ce n’est ni plus ni moins qu’un nouveau mode de “prof bashing”.

Une casse du service public et de nos métiers organisée et préméditée

Cette procédure révèle l’état de délabrement dans lequel se trouve le service public d’éducation après plusieurs décennies de détérioration par les gouvernements successifs. Le métier n’attire plus les étudiant·es, comme en témoignent les chiffres des concours du premier et du second degré. Le nombre de candidat-es admissibles au CRPE, à titre d’exemple, est cette année particulièrement inquiétant.

Les causes de cette crise du recrutement dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France sont connues :

  • salaires qui placent les personnels en précarité face à l’augmentation du coût de la vie ;
  • destruction des personnels Rased et des services médico-sociaux qui touchent les élèves les plus en difficulté et occasionnent des retards de prise en charge qui pérennisent les difficultés scolaires et les transforment en troubles ;
  • manque des moyens pour l’inclusion des élèves à besoins particuliers et notamment des élèves en situation de handicap. Beaucoup d’enseignant·es se retrouvent dans une situation de culpabilité face à des élèves qu’ils et elles ne savent pas comment aider par manque de formation mais aussi par manque de personnels spécialisés ;
  • augmentation du poids d’une hiérarchie qui instaure un climat de surveillance pour transformer les enseignant·es en exécutant·es de tâches qui ne correspondent plus au métier choisi et sont une insulte à nos capacités de réflexion ;
  • ambiance délétère avec la culture de l’évaluation et de la mise en concurrence des établissements ;
  • épuisement émotionnel face aux situations de plus en plus complexes d’élèves dont les familles sont touchées de plein fouet par la crise sociale ;
  • impossibilité de quitter l’académie ou d’obtenir des disponibilités ou des temps partiels sur autorisation ;
  • prof bashing permanent au plus haut sommet de l’État.

Pour SUD éducation 13, il est plus que jamais nécessaire d’exiger un plan d’urgence pour l’éducation qui prenne en compte tous ces aspects.

La précarité comme seul horizon : un combat pour les droits de chacun-es

L’Education Nationale est déjà l’un des plus grands employeurs d’agent-es contractuel-les et ce n’est pas près de changer. La loi de transformation de la Fonction Publique du gouvernement Macron 1 instaure la précarité et le retour au contrat comme une norme, là où c’était le statut de fonctionnaire qui prédominait.

Pour autant, les futur·es collègues qui sont recruté·es en ce moment ne sont pas à blâmer. Il ne s’agit pas de jouer la carte du tou·tes contre tou·tes et des titulaires contre les contractuel·les. Au contraire, SUD éducation 13 les assure dès à présent de tout son soutien dans les épreuves qu’ils et elles auront à affronter. Partout, SUD éducation 13 défendra ces collègues précaires, comme nous l’avons toujours fait.

Les personnels contractuels sont moins bien protégés face à une administration trop souvent maltraitante. Les personnels contractuels sont jetables et l’administration les espère plus malléables et flexibles.

Les personnels contractuels ne sont pas formés et risquent de se retrouver en difficulté face à des situations de classe, aux élèves et aux parents. En tant que syndicat, nous n’accepterons pas que le personnel précaire soit considéré comme étant de seconde zone.

Une formation digne de ce nom et effectuée sur temps scolaire, un protocole d’accompagnement bienveillant, des postes protégés, une titularisation pour celles et ceux qui le demandent c’est ce que nous voulons pour celles et ceux qui vont être nos nouveaux·elles collègues !

Se battre contre la précarité, se battre pour les droits des personnels c’est se battre pour les droits de chacun-es.

C’est à nous toutes et tous de réagir et cela commence le lundi 27 juin à 12h devant la DSDEN 13.

L’école n’est pas une entreprise ! L’éducation n’est pas une marchandise !

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