COVID-19 / Nous ne reprendrons pas coûte que coûte

Tract de SUD éducation 13
mercredi 21 avril 2021
par  GUERDA
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Jean-Michel Blanquer a beau affirmer sans sourciller que la date du 26 avril est « une date ferme », la situation ne semble pas s’être amélioré après quinze jours de confinement. A une semaine de la réouverture des écoles, une nouvelle fois, rien ne semble prêt et le ministère s’emmure dans le silence. Alors non, quoi qu’en dise le ministre de l’Education Nationale et le gouvernement, nous ne reprendrons pas coûte que coûte et dans n’importe quelles conditions.

Du point de vue de l’évolution de la situation sanitaire aucun changement significatif n’est encore constaté et les épidémiologistes les plus optimistes misent sur un pic de l’épidémie entre le 25 avril et le 2 mai. Est-il bien raisonnable dans ce contexte d’envisager une réouverture des écoles de façon aussi précoce et sans qu’aucune mesure spécifique ne soit prise ? En deux semaines de fermeture des établissements scolaires, le ministère ne semble avoir avancé sur aucun dossier.

Contrairement au mantra sans cesse répété par Olivier Véran et le ministère, nous pensons que les établissements scolaires sont bel et bien des lieux importants de la circulation du virus. Les très nombreux droits de retraits qui ont été exercés par les personnels juste avant la fermeture dans plusieurs départements comme dans les Bouches-du-Rhône en sont un signe qui ne trompe pas. Lorsque la situation épidémique est tendue, les établissements scolaires se comportent comme des caisses de résonnance.

Pourtant et malgré les promesses et les attentes fortes autour de la vaccination des personnels de l’éducation, celle-ci est finalement reporté à la mi-juin. De quoi suscité une vive et légitime colère au sein de la communauté scolaire. Il aurait pourtant était logique de profiter de cette période de fermeture des établissements scolaires de 3 à 5 semaines pour vacciner activement les agent-es. Conscient de l’importance d’une telle mesure 19 pays ont quant à eux fait ce choix. Au lieu de cela, de très nombreux-ses collègues en sont réduits au système D et toquent à toutes les portes dans l’espoir d’être vacciné-e. Un traitement indigne de l’engagement dont ont fait preuve les personnels de l’éducation. C’est d’ailleurs dans cette optique et parce que nous pensons qu’il est possible de vacciner les personnels de l’éducation dans le département que nous avons adressé un courrier au Préfet des Bouches-du-Rhône. L’ouverture prioritaires à certain-es fonctionnaires de plus de 55 ans de la vaccination ce week-end décidé par le premier ministre relève quant à elle plus de l’opération de communication. Annoncée au dernier moment et pour deux jours seulement, celle-ci s’est avéré être un échec.

Nous rappelons qu’il s’agit là d’une mesure de bon sens. Une vaccination massive des personnels enseignants qui le souhaitent permettrait de faire baisser les tensions importantes que nous subissons en terme de conditions de travail et de continuité du service public d’éducation en réduisant le taux d’absence (personnels cas contacts, personnels à risques, personnels malades, remplacement)… C’est d’autant plus essentiel si l’on veut maintenir au maximum l’ouverture des classes et des établissements scolaires.


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Quoi qu’il en soit la vaccination des personnels même si elle est importante n’est pas non plus suffisante pour éviter la circulation du virus et protéger nos élèves et leurs familles. Et de ce côté là c’est le silence complet de la part du ministère qui, à une semaine de la reprise des écoles, n’a toujours rien annoncé. Un scénario déjà vu et que nous ne voulons pas voir ce reproduire. Il est inadmissible que le ministère place systématiquement ses personnels dans une telle insécurité professionnelle. Une politique au doigt mouillé qui nécessite sans cesse des adaptations de dernières minutes et qui met l’ensemble des agent-es dans une situation importante de stress.

La gestion mis en place par le ministère de l’Education est visiblement inéfficiente et a montré ses limites. Si rien ne change, il y a fort à parier que les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences. Il est donc grand temps que le ministère écoute les personnels et les organisations syndicales qui depuis le terrain pointent des solutions :

  • L’ouverture de la vaccination aux personnels de l’éducation qui le souhaitent en priorisant les collègues les plus à risques que ce soit par l’âge ou par l’état de santé.
  • Le dédoublement de toutes les classes de l’école au lycée. Une solution qui permettrait de limiter le brassage et la circulation du virus tout en maintenant un maximum les élèves en classe.
  • La mise à disposition pour les établissements et les écoles d’équipements permettant l’aération efficace des locaux, pour les élèves et les personnels de masques gratuits de type FFP2 en quantité suffisante.
  • L’organisation de véritable campagne de test massive avec des moyens dédiés. Des tests qui doivent se faire sur la base du volontariat, être gratuits, et qui soient ouverts à tous les enfants, dans tous les secteurs géographiques. Une telle campagne permettrait d’avoir une visibilité bien plus claire qu’aujourd’hui sur la circulation du virus dans les établissements scolaires.

Ces mesures aparaissent selon nous comme indispensables à une réouverture des établissements scolaires dans des condtions garantes de la sécurité des personnels, des élèves et des familles. Nous ne les obtiendrons qu’au prix d’une mobilisation importante des personnels et des familles. Afin de développer ce rapport de force nécessaire, nous appelons les personnels à se concerter avant la date de reprise des enseignements, à signer et à faire signer la pétition intersyndicale nationale sur le sujet et pour les enseignant-es du 1er degré à déclarer leur intention de faire grève dès le 26 avril.

  • SUD éducation 13 soutiendra toutes les équipes qui feront usage de leur droit de grève ou de retrait.
  • SUD éducation 13 a dans cette objectif déposé des préavis de grève couvrant les personnels durant toute la période.
  • Si les de telles mesures ne sont pas prises, SUD éducation 13 participera activement à la construction d’un mouvement de grève fort et unitaire.


> Télécharger le préavis de grève de SUD éducation 13



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